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Définition de la dépendance

La dépendance se traduit par un besoin irrépressible et incontrôlable de consommer une substance ou d’effectuer certaines actions. Lorsque ce besoin est assouvi, il procure un certain plaisir. Au contraire, lorsqu’il ne l’est pas, il crée un sentiment de manque (craving) dont les conséquences peuvent être plus ou moins importantes selon le niveau de dépendance auquel la personne est confrontée.

Le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), ouvrage de référence, ne parle plus de dépendance ou d’abus mais de « trouble de l’usage ». Le trouble varie de « léger » à « modéré » puis à « sévère » selon le nombre de symptômes ressentis par la personne.

Différentes formes de dépendances

Si l’on associe souvent la dépendance à la consommation de substances psychoactives (alcool, drogues, médicaments, tabac et autres), on peut également observer d’autres formes de dépendance comportementale :

  • Jeux de hasard et d’argent
  • Activité sportive
  • Sexe
  • Technologies (cellulaire, réseaux sociaux…)
  • Consommation (achats compulsifs, accumulation d’objets…)
  • Alimentation
  • Dépendance affective
Qu’est-ce qu’une substance psychoactive?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « Une substance psychoactive s’entend d’une substance qui, lorsqu’elle est ingérée ou administrée, altère les processus mentaux, comme les fonctions cognitives ou l’affect. » Il s’agit donc d’une substance qui peut provoquer par exemple une sensation de détente, d’euphorie, de désinhibition ou des effets plus intenses comme des hallucinations.

Le circuit de la récompense

La dépendance survient lorsque le circuit de la récompense est perturbé. Mais qu’est-ce que ce circuit de la récompense?

Lorsqu’on effectue une tâche agréable, le cerveau produit, entre autres, de la dopamine. La dopamine est l’une des molécules responsables de la sensation de plaisir, ce qui lui doit le surnom de « molécule du plaisir ». Cette molécule est un neurotransmetteur sécrété par l’organisme lorsqu’on accomplit certaines actions : c’est le circuit de la récompense.

Ce circuit de la récompense a pour fonction initiale de favoriser des comportements nécessaires à la survie de l’espèce : boire, manger, se reproduire… Par exemple, lorsque la faim se fait sentir, la prise d’un repas libère de la dopamine et donne ainsi au cerveau une sensation de plaisir : c’est la récompense. Le plaisir procuré par ces activités pousse donc la personne à renouveler l’expérience et ainsi garantir sa survie.

Ces fonctions vitales ne sont pas les seules à nous faire sécréter de la dopamine. On peut par exemple en sécréter en écoutant de la musique, en pratiquant une activité sportive ou en effectuant toute activité citée plus haut dans cet article (jeux de hasard et d’argent, achats compulsifs, etc).

Lorsque le circuit de la récompense fonctionne normalement, il participe au bon équilibre mental.

Qu’est-ce qu’un neurotransmetteur?

Un neurotransmetteur est une molécule chimique qui assure la transmission des messages d’un neurone à un autre. Les neurotransmetteurs ont plusieurs fonctions : certains peuvent modifier l’humeur, d’autres la concentration ou la mémoire, ou encore la douleur.

L’effet des substances psychoactives sur le circuit de récompense

La prise de substances stimule la production de dopamine en quantité et provoque ainsi une sensation de plaisir intense et immédiat. La mémoire enregistre alors le lien entre la prise de drogue et le plaisir ressenti (rush). Ce plaisir intense étant temporaire, c’est au moment de la «descente» de la sensation plaisante que peut s’installer une sensation de manque : le plaisir dû à l’augmentation du taux de dopamine, puis la baisse de ce neurotransmetteur peut pousser la personne à reconsommer pour atteindre à nouveau ce niveau de plaisir.

Tolérance et augmentation des doses

Lorsqu’une personne consomme régulièrement certaines substances, elle peut développer une tolérance : la sensation de plaisir procurée par la substance devient alors de moins en moins intense. Cela signifie que la personne doit augmenter les doses absorbées pour retrouver le niveau de plaisir procuré par les premières prises.

Ce phénomène de tolérance joue un rôle important dans l’évolution vers une consommation problématique puisque la substance consommée va occuper une place de plus en plus centrale dans la vie de la personne, souvent au détriment de sa santé et de sa vie sociale. Dans les cas les plus graves, la substance peut devenir le seul intérêt de la personne dépendante, qui consacrera alors l’essentiel de son temps et de son argent à se procurer et s’administrer la substance, puis recommencer.

Attention : toutes les substances ne provoquent pas de tolérance. C’est le cas par exemple des amphétamines. On peut toutefois devenir dépendant d’une substance sans pour autant développer de tolérance.

Ce phénomène de tolérance s’observe également dans les formes de dépendances comportementales, par exemple aux jeux de hasard et d’argent. La personne ressent alors le besoin de consacrer de plus en plus de temps au jeu pour maintenir un certain niveau de plaisir, au détriment de sa vie sociale et de sa santé financière, par exemple.

Dépendance psychologique, dépendance physique et sevrage

Il existe deux types de dépendance : la dépendance physique et la dépendance psychologique. Ces deux formes de dépendance sont très différentes l’une de l’autre.

La dépendance physique

On parle de dépendance physique lorsque l’organisme s’est habitué à une substance au point d’en avoir besoin pour fonctionner. Ainsi, lorsque la personne cesse de consommer cette substance, elle ressent un manque (craving) qui s’accompagne de symptômes : on appelle ça le sevrage.

Selon la nature de la substance, les symptômes de sevrage peuvent être plus ou moins désagréables : maux de têtes, tremblements, nausées… Le sevrage de certaines substances comme les opiacés peut quant à lui causer des douleurs au point de rendre le sevrage intolérable et demander un accompagnement médicalisé.

La dépendance psychologique

La dépendance psychologique est liée aux effets procurés par la substance ou le comportement et au contexte qui l’entoure. Elle est influencée par plusieurs facteurs comme la personnalité de la personne, ses habitudes de vie ou encore son cercle social. Au-delà de la dépendance physique, la personne est aussi animée par le souvenir du plaisir que lui procure la substance ou l’activité. La dépendance psychologique dure beaucoup plus longtemps que la dépendance physique et peut même durer toute la vie.

Par exemple, lorsqu’une personne fume du tabac, la nicotine entraine rapidement une dépendance physique. Si la personne arrête de fumer, cette dépendance physique disparaitra après plusieurs jours. La dépendance psychologique quant à elle, durera plus longtemps puisqu’elle est davantage liée à des habitudes telles que le geste de fumer, la pause-café ou encore la cigarette de fin de repas. Ces souvenirs continuent alors d’animer le désir de la personne pour la cigarette, même si elle ne souffre plus d’aucune dépendance physique.

Nous pouvons vous aider

De nombreux facteurs sociaux, environnementaux ou même génétiques peuvent contribuer au développement d’une dépendance. Chaque situation est unique et nécessite un diagnostic et un accompagnement personnalisés par une personne professionnelle faisant partie du réseau public québécois de traitement des dépendances. Si votre consommation ou celle d’un proche vous inquiète, appelez-nous au 1-800-265-2626 ou utilisez le clavardage en bas à droite sur notre site. Nous pourrons vous référer vers la ressource adaptée à votre situation et faisant partie de ce réseau, et vous soutenir dans votre démarche. Nos services sont gratuits, confidentiels et accessibles 24h/24, 7 jours sur 7.

Pour trouver un centre d’intervention en dépendance et usage de substance, rendez-vous sur trouvetoncentre.com.


Sources : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) / Organisation mondiale de la Santé (OMS) / Fédération pour la recherche sur le cerveau / Université McGill / Université de l’Alberta / Hôpital Montfort / Gouvernement du Canada / Association québécoise des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale (AQPAMM)